«Ça n’a rien à voir avec l’islam!» (15/09/2014)

Ils condamnent les barbaries de l’Etat islamiques, mais nous enjoignent : « Ne confondez pas avec l’islam ». Politiciens et médias les félicitent et obtempèrent avec soulagement.
Pressées de toutes parts, les communautés musulmanes d’Europe condamnent avec force l’Etat islamique. Un Appel de Paris émanant du Conseil français du culte musulman a même vu le jour la semaine dernière. Selon ce texte, l’islam n’est pas concerné, il s’agit d’une instrumentalisation de cette religion, les groupes à l’œuvre «ne peuvent se prévaloir de l'islam» et les appels «inconsidérés» au jihad de même que l’endoctrinement des jeunes «ne sont fidèles ni aux enseignements ni aux valeurs de l'islam».

 

Applaudissements dans les chaumières politiques et médiatiques! Les gouvernements occidentaux aux prises avec un radicalisme croissant, tentent de limiter ses dégâts en prenant grand soin de ne pas remettre en cause les pieuses affirmations de ces communautés.

Condamner c’est bien, expliquer serait mieux!

Le «ça n’a rien à voir avec l’islam» sert depuis des années de formule magique pour indiquer que le sujet ne concerne simplement pas les groupes musulmans. Et de rester bien tranquilles dans leur tanière à approfondir le «Saint Coran». Pas l’ombre d’une allusion au radicalisme, absence du moindre battement de cil dans les mosquées et autres associations.

En 2013 en Allemagne, les autorités conviaient les responsables des communautés musulmanes à leur traditionnelle conférence annuelle. Sujet: quels moyens les religions pourraient-elles mettre en œuvre pour lutter contre l’extrémisme ? Offensés par l’insinuation que l’islam pourrait conduire quiconque à l’extrémisme, les musulmans ont boycotté la conférence.

Nous voici donc face à l’un des plus grands mystères de l’histoire contemporaine: d’innombrables groupes se réclament de l’islam, citent des versets du saint texte, s’en prennent aux autres religions, appellent au «jihad», commettent les mêmes exactions (mutilations, lapidations, égorgements, décapitations, etc.), hurlent en cœur «Allah est grand», mais tout cela n’a rien à voir avec l’islam… ou «le vrai islam».

Comme l’illustre Minona, une commentatrice : «Autant prétendre que les pommes n’ont rien à voir avec les racines du pommier.»

Qui ignore en effet que les textes fondateurs de l’islam recèlent une bonne partie des ingrédients dont usent les barbares ?

Rappelons en (très) bref quelques éléments moteurs de cette religion:

Le Coran. De multiples versets (j’en cite plusieurs dizaines en annexe de Islamophobie… voir ci-contre) textes,ei,condamnations,appel de parisappellent à la guerre -le djihad- contre les non-musulmans jusqu’à ce que la planète entière soit acquise à l’islam. Tuer et se faire tuer dans cette guerre pour Allah est la seule circonstance où le paradis est assuré. Tous les non-musulmans sont promis à l’enfer. Le texte prône des châtiments tels que le fouet ou l’amputation des voleurs, stipule l’infériorité des femmes. Bref, lire ce texte en le croyant tout entier sorti de la bouche d’Allah, ce qu’impose la doxa, c’est tout naturellement devenir islamiste.

Les Hadiths (paroles et actes) d’un prophète, considéré comme parfait, accentuent l’intolérance coranique. La Sira, biographie de référence de l’islam, raconte ses dix dernières années à Médine et décrit ses hauts faits: multiples expéditions destinées à amasser du butin, épuration ethnique, exécutions (dont quelque 600 à 900 juifs égorgés, beaucoup de la main même de Mahomet), enlèvements, rançons, assassinats, trafic d’esclaves, etc. Toutes pratiques des mouvements jihadistes actuels.

La charia confirme des châtiments physiques moyenâgeux.

Comment est-il possible qu’on ne puisse pas demander aux responsables musulmans ce qu’ils disent à leurs ouailles de toutes ces violences incluses dans leurs textes?

D’autant que non seulement les groupes jihadistes, mais de nombreux pays appliquent tout ou partie de ces violences. Prenons l’Arabie Saoudite: interdiction de pratiquer la religion chrétienne, discrimination de la minorité chiite, flagellations (un homme vient d’être condamné à 1000 coups de fouet), décapitations, amputations, asservissement des femmes.

Mais peut-être l’Arabie saoudite n’a-t-elle rien à voir avec l’islam ?

Voici un petit échange entre une journaliste et Youssef Ibram qui fut jusqu’à il y a peu l’imam principal de la grande mosquée de Genève:

-  Ibram: La loi islamique et sa partie charia concernent uniquement les pays musulmans. Mais même parmi ces pays, tous ne la pratiquent pas! Il n’y a que l’Arabie saoudite qui suit plus ou moins ce code.

-  La journaliste: L’Arabie saoudite a-t-elle raison de l’appliquer?

-  Ibram: Oui (…) elle s’approche le plus possible du Coran et je défends le Coran. (…) C’est parce que la péninsule arabique n’a jamais été colonisée qu’elle est restée au plus proche de l’islam.(1)

Notons qu’aujourd’hui, l’Occident s’allie avec cette même péninsule pour combattre l’Etat islamique, alors qu’elle finance depuis 40 ans d’innombrables mosquées et groupes radicaux en son sein. Ce que tous nos gouvernements ont laissé faire, Suisse comprise. A Genève, l’Arabie saoudite dirige et finance directement la grande mosquée.

Médias et politiques favorisent le radicalisme

Ce refus de nos élites de poser des questions sur les textes neutralise l’expression de groupes ou de responsables conscients de la nécessité de les revoir. Seuls des individus, par exemple l’auteur syrien Hassan Jamali, immigré au Québec, osent dire indispensable par exemple de désacraliser le texte coranique; de déclarer inopérants les versets violents et caduques les lois de la charia.

L’exercice est d’autant plus difficile que l’attachement à la littéralité des textes, au premier chef le Coran, est extraordinairement répandu. Je ne rappellerai qu’un indice de cet état de fait. Des chercheurs allemands ont questionné les musulmans d’origine marocaine ou turcs de six pays européens. (2) Ils leur ont demandé s’ils étaient d’accord avec ce genre d’affirmations: «Il n’y a qu’une interprétation possible du Coran et tout musulman doit s’y tenir» (soit en réalité pas d’interprétation). Le plus faible score d’adhésion atteint tout de même 57% (Allemagne). Les musulmans français et belges interrogés sont d’accord à plus de 80%.

Difficile encore de mettre en question cet islam alors que nous sommes allés très loin dans l’acceptation de comportements basés sur des préceptes obscurantistes, sexistes et réactionnaires, soit conformes aux textes. Encouragés par nos démissions, de nombreux  «croyants» sont même saisis d’une bigoterie galopante, source d’innombrables pressions et revendications.

La gestion des mosquées laissée aux extrémistes

textes,ei,condamnations,appel de parisDifficulté enfin due au laxisme qui a conduit à laisser des mouvements extrémistes tels les Frères musulmans, les salafistes, les wahhabites, des mouvements turcs du même acabit, à prendre le contrôle de milliers de mosquées et d’associations en Europe. C’est dans ces lieux que se sont épanouis les adeptes de la violence. Des lieux qu’il est interdit en Suisse de surveiller.

Les rapports des services de renseignement européens ont pourtant mis en garde durant des années sur ce développement du radicalisme et de la violence.(3) Sans le moindre effet. Les alertes de démocrates lucides n’en ont pas eu davantage. Systématiquement taxés d’islamophobes et de racistes, ils sont même traînés plus souvent qu’à leur tour devant les tribunaux.

Quelle surprise donc pour tous ces bienpensants de découvrir que des jeunes élevés en Occident partent par milliers livrer leur guerre sainte en Syrie ou en Irak (notons que 73% des musulmans des Pays-Bas les considéraient en 2013 comme des héros ). Et quelle surprise que l’État islamiste exerce une telle fascination sur un grand nombre d’autres adeptes de Mahomet.

Mais rien n’y fait. L’affirmation selon laquelle «ça n’a rien à voir avec l’islam», aussi surréaliste soit-elle, a encore de beaux jours devant elle.

 

(1) Protest’info, 13.12.2009

(2) Allemagne, France, Pays-Bas, Belgique, Autriche et Suède.

(3) Cf «Boulevard de l’islamisme». J’en cite de nombreux exemples dans le chapitre : «Et si l’Occident prenait en compte ses propres constats?».

Articles déjà paru dans Les Observateurs

18:31 | Tags : textes, ei, condamnations, appel de paris | Lien permanent | Commentaires (32)