Hani Ramadan forme à l'islam littéral dans une mosquée orthodoxe (07/02/2017)

Une association neuchâteloise invite l’imam radical à des ateliers de formation des jeunes et prétend qu’il ne fait pas état de ses "positions personnelles". Sans surprise, l'approche des gérants de la mosquée rejoint celle de leur invité.

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L’un des plus radicaux de nos imams, Hani Ramadan, forme des jeunes de l’Association culturelle des musulmans de Neuchâtel à raison d’un atelier environ par mois. C’est une interview parue sur le site de la radio neuchâteloise RTN qui nous l’apprend.

Le journaliste s’inquiète un peu que ce partisan de la lapidation, qui vient d’être interdit par deux fois de conférence en France, forme ces jeunes cerveaux. Jamel Cherif, porte-parole de l’association, le rassure: il s’agit de «théologie», d’interventions «académiques». «Les positions personnelles du prédicateur ne nous intéressent pas.» Ce n’est donc, traduit le journaliste sans rire, qu’une sorte de «catéchisme sans opinions sociétales»? Mais oui!!!

L’intervieweur veut vraiment être sûr. Les «opinions sociétales» bien connues de ce défenseur de la «perfection de la charia», Jamel Cherif ne les partage donc pas? La réponse est presque limpide: «Chacun pense ce qu’il veut. Il y a des interprétations communes et généralement admises. Celui qui veut interpréter différemment, c’est son affaire personnelle, et il reste à la marge.»

Mais Hani Ramadan n’est pas à la marge, Jamel Cherif en est le vivant exemple. Et l’imam est invité dans de nombreuses autres mosquées romandes qui disent enseigner l’«islam modéré». Et qui ne sont pas gênées une minute par les convictions et les écrits assez terrifiants du blog de Ramadan dans la Tribune de Genève. D’ailleurs, cette approche littéraliste et idolâtre du Coran et du prophète parfaits, de même que l’habitude de rejeter sur l’Occident la responsabilité de tous les malheurs des musulmans et de leurs victimes, les animateurs de la mosquée les partagent.

Exemple. Le journaliste suggère que les attentats pourraient justifier les précautions françaises à l’endroit de personnages tel Ramadan. Que nenni! Les actes terroristes sont tout simplement «des réactions incontrôlable et irrationnelles» à la «politique d'exclusion» des malheureux. De plus, «on pratique la censure contre des musulmans, mais les attaques ou la stigmatisation contre cette communauté sont acceptées au nom de la liberté d’expression.» Et tout naturellement, les meurtres naissent de «cette stratégie politique et médiatique».

Jamel Cherif estime aussi que la France bafoue la liberté d’expression du célèbre imam. La justice genevoise au contraire l’a respectée, dit-il, elle qui a «tranché et indemnisé» Hani Ramadan pour le licenciement qui a suivi ses libres propos sur la lapidation dans Le Monde.

Trente-quatre cours, quatre mixtes

Je me suis attardée sur le site de cette association qui gère la Mosquée de Neuchâtel. Et une fois de plus, je suis restée perplexe devant ce monde étrange, obsessionnel, au regard constamment tourné vers le passé.

L’association neuchâteloise est une admiratrice de Tariq Ramadan qui lui a offert unsahmelnour13.jpg commentaire publié chaque jour du mois de ramadan 2016. Elle ne déroge pas à la règle immuable de la séparation des sexes. C’est ainsi que sur les 34 cours hebdomadaires proposés -une offre particulièrement riche-, seuls quatre sont mixtes, qui concernent les petits. La palette n’inclut pas les cours d’arabe qui sont donnés par un autre organisme neuchâtelois, l’école Annour.

Se former à l’islam n’est pas une sinécure!

Mais pourquoi l’«Apprentissage du Saint Coran», de l’islam, la lecture de hadiths, la récitation du Livre ou la jurisprudence ne peuvent-ils être assimilés dans la même salle par les copines et les copains? La mixité pourrait alléger ces matières si austères. Oui, bon, d'accord, il ne serait pas exclu qu'un flirt d’ados ou une idylle hors mariage s’ébauche malgré les foulards et les voiles. Et que les coupables aient ainsi fait un grand pas vers l’enfer.

Comment les enfants peuvent-ils supporter cette intense bigoterie? Eh bien, les communautés musulmanes, conscientes du danger, s’efforcent d’intégrer des méthodes ludiques. A Neuchâtel on a par exemple une nouvelle offre, du théâtre pour enfants en arabe. La vidéo consacrée aux activités du secteur éducatif montre des filles le plus souvent en foulard et très enveloppées, les garçons nettement plus légèrement vêtus. Préjugé? Je n’ai pas l’impression d’un plaisir fous de ces jeunes à apprendre le catéchisme coranique.

Pour agrémenter le tout, des «séminaires intensifs» sont organisés. A l’association neuchâteloise, le prochain sera consacré au «tajwid», l’art de la récitation du Coran. Il est organisé avec l’«Instance européenne du Saint Coran», créée en 2008, qui a son siège en France.

L’Instance organise aussi, avec les Frères musulmans de l’UOIF et de l’Institut des Sciences humaines de Château Chinon (pépinière de formation d’imams), un «concours de mémorisation du Saint-Coran» auquel participent des enfants de moins de dix ans. C’est une des mille et une richesses apportées à la diversité par les prosélytes musulmans. D’ailleurs, les 50 membres de l’Instance européenne ont tous «mémorisé le Coran». Pour ma part, faire apprendre par cœur à des enfants un livre aussi compliqué, confus et décousu frôle la maltraitance.

Aide à l’intégration des Syriens

Pour en revenir à Neuchâtel, il existe aussi un cours d’«Aide à l’intégration» destiné aux hommes syriens. La plupart des communautés accueillent à bras ouverts les nouveaux venus musulmans et leur rappellent que le port du foulard des femmes est obligatoire, les confirment dans l’apartheid sexuel, renforcent la pratique rigoureuse des rites, dont certains se doivent d'être imposés dans l’espace public. Les intégrateurs les initient certainement aussi à la lutte contre «l’islamophobie» qui gangrène notre société.

Ces aides à l’intégration sont des aides à la confirmation des écrits islamiques, c’est-à-dire le contraire de l’intégration. Comme d’habitude, les autorités laissent faire.

Mais peut-être pourra-t-on compter sur le Bureau fédéral des affaires religieuses? La Tribune de Genève nous annonce sa prochaine création. Les exemples de thèmes dont il devra s’occuper sont, selon l'énumération du quotidien, exclusivement islamiques: poignées de mains à l’école, foulard dans l’espace public, burkini dans les piscines, burqa. A se demander pourquoi on ne l’appelle pas Bureau des affaires islamiques. Mais ce serait stigmatiser, ce que nos autorités si ouvertes à tous les obscurantismes, ne sauraient imaginer. Et cette ouverture, jointe au fait que la commission antiraciste sera de la partie, fait naitre un léger doute sur les bienfaits de ce futur ixième organisme né des incessants problèmes que nous posent les pieux musulmans.

21:45 | Tags : neuchâtel, hani ramadan | Lien permanent | Commentaires (14)