Le Coran est empli d’erreurs grammaticales et stylistiques (31/07/2017)

Selon Sami Aldeeb, le livre saint des musulmans comprend quelque 2500 erreurs linguistiques qu'il relève dans son édition arabe du Coran et dans un ouvrage consacré uniquement à ces erreurs.

Sixième article (deuxième publication) relatif à l’histoire de l'islam et du Coran. Où l'on retrouve certaines caractéristiques déjà évoquées.

Difficile d’imaginer plus ferré sur le Coran que Sami Aldeeb. Il en possède des dizaines de versions en différentes langues. En plus de son édition arabe, il a traduit le Coran en français et en anglais, sami aldeebet très prochainement sortira aussi une traduction italienne. Dans son édition arabe et ses traductions du Coran, il a placé les sourates (chapitres) par ordre chronologique, selon la chronologie établie par l’université Al-Azhar.(1)

On imagine notre spécialiste un lorgnon sur le nez, plongé à journée faite dans un clair-obscur favorable à cette étude austère. Eh bien non, il adore plaisanter, caresse son chat avec amour, jouit des fleurs de son jardin, taille ses haies. Mais il poursuit son ouvrage avec une persévérance digne de son sujet. Le plus stupéfiant, c’est que cette ascèse n’est pas due à un amour immodéré du Coran, mais au contraire à la conviction que ce texte est des plus dangereux pour l’humanité. Ainsi, son défi d’aujourd’hui consiste à en relever les erreurs linguistiques et stylistiques, afin de lui enlever son aura de sacralité. 

Des grammairiens ont corrigé l’orthographe défectueuse du Coran et créé une version moderne correcte, mais ce n’est pas le Coran de référence. On peut ainsi relever trois étapes majeures dans l’écriture du "livre saint" :

- La version squelettique originelle ne contient pas les points et les accents sur ou sous les lettres. Sans ces accents et ces points, un mot peut être lu de diverses manières avec des sens totalement différents. Cette version montre la difficulté à lire cette version, et explique la présence d’un très grand nombre de variantes dans le Coran, variantes signalées dans les notes de bas de page de l’édition arabe et des traductions de Sami Aldeeb.

- La version officielle, dont la plus importante fut fixée au Caire en 1923. Des points et des accents ont été ajoutés afin d'éviter une lecture erronée. Il est interdit de la modifier. Malgré cela, certains passages restent d'accès difficile. Cette version est appelée Coran du Calife Othman (qui aurait donné l'ordre de la compiler), mais il n'existe aucun manuscrit d'origine. "Pour la petite histoire, le Calife Othman a été assassiné par les plus proches compagnons de Mahomet, dont une de ses femmes, Aïcha. Ils l’accusaient entre autre d'avoir falsifié le Coran, et il a été enterré dans le cimetière des juifs à Médine.".

- Une version avec l'orthographe usuelle utilisée dans les écrits arabes depuis un millier d'années. Cette version du Coran ne se trouve que sur internet, et c'est la seule dont le texte peut faire l’objet de recherches par les moteurs de recherche ou dans Word. Mais cette version, comme les deux versions précédentes, ne comporte pas les ponctuations modernes.

Dans sa version arabe du Coran, Sami Aldeeb a placé en regard, sur la même page, ces trois versions. «Un technicien musulman a créé pour moi des polices qui permettent de reproduire la version originale, sans accents et sans points, comme on la trouve dans les anciens manuscrits du Coran. C’est unique au monde!»

sami aldeeb

Aucune des versions ne comporte de ponctuation moderne (points, virgules, etc.), mais de minuscules signes, à peine visibles, au-dessus de certains mots. On en compte une dizaine. Que signifient-ils? «Obligation de s'arrêter (dans la lecture), interdiction de s'arrêter, il est préférable de ne pas s'arrêter, on peut s'arrêter ou non, une lettre a été ajoutée, mais elle ne doit pas être prononcée, etc. Mais les théologiens ne sont pas d’accord entre eux sur l'emplacement de ces signes.» Un même verset peut occuper une demi-page sans ponctuation, avec plusieurs phrases. Certains s’arrêtent abruptement et sont complétés dans un autre verset. Parfois aussi, un verset traite d’un sujet, le deuxième d’un autre et le troisième revient au premier. Et comme Sami Aldeeb a traduit le Coran en trois langues, il a senti la nécessité d’introduire cette ponctuation moderne, ce qui constitue une première dans l’histoire des études coraniques.

D’après le spécialiste, «le Coran dont nous disposons aujourd’hui ne représente même pas un tiers de l’original selon les auteurs musulmans classiques. Le reste s’est volatilisé. Il y a donc des versets tronqués.»

Fautes de grammaire, erreurs de style

Sami Alddeb a créé un groupe facebook nommé «erreurs du Coran» auquel sont inscrites plus de 12'000 personnes. Dans son édition arabe, il relève deux catégories d’inexactitudes:

Les erreurs linguistiques (environ 300), non conformes à la grammaire arabe. Exemple: «Venez donc tous deux chez Pharaon, puis dites: Nous sommes l'envoyé du Seigneur du monde.» (26:16) Il faudrait écrire: «Venez donc tous deux chez Pharaon, puis dites: Nous sommes les envoyés du Seigneur du monde.»

Les erreurs stylistiques (environ 1700): ordre erroné des mots, phrases lacunaires, absence de lien entre les phrases du même verset ou entre un verset et le suivant, utilisation de mots inappropriés, etc. Exemple de faute stylistique : «Il a ressenti une crainte en lui-même Moïse» (20:67) au lieu de «Moïse a ressenti une crainte en lui-même».

Pourquoi les théologiens n’ont-ils pas corrigé ces erreurs? «Parce que le Coran est un texte sacré, parfait, dont rien ne peut être changé. Si vous dites qu’il y a une erreur, cela signifie que Dieu ne sait pas l’arabe, et donc que le livre ne provient pas de Dieu. Par conséquent, il est impossible par exemple d’organiser une conférence ou un séminaire sur ce sujet dans une université musulmane. Le Coran dit: «Nous avons révélé le Coran et nous l’avons sauvegardé» et affirme qu'il a été révélé «en langue arabe manifeste», «sans tortuosité». Mettre en doute la perfection de la langue du Coran, c’est toucher au socle du dogme. Pourtant, environ 20% des mots et expressions du Coran ne sont pas compréhensibles pour 99% des universitaires arabes musulmans.»

Gratuité pour raison pédagogique

Conscient de l’importance de la mise en question du Coran pour le changement des mentalités des arabes et des musulmans, Sami Aldeeb a mis gratuitement sur son site tant son édition arabe du Coran que son ouvrage sur les erreurs du Coran. Ces deux ouvrages, comme ses traductions peuvent aussi être obtenus en version papier auprès d’Amazon. Il en est de même de ses ouvrages en différentes langues, tout en sachant que tous ses livres arabes sont téléchargeables gratuitement. Il estime que c’est sa contribution à l’évolution de la société arabo-musulmane.

L’édition arabe, l’une des plus complètes existant, comprend de nombreuses indications en bas de page, par exemple les versets abrogeants/abrogés.(2) «Pour certains spécialistes, 9 versets sont abrogés, pour d’autres 350. J’indique aussi les sources de ce qui a été emprunté à la Bible. Le Coran est le plus grand plagiat de l’histoire. Il est écrit à partir de sources juives et chrétiennes (Ancien et Nouveau Testament), de légendes et d’écrits apocryphes.»

S’ajoutent encore ce qu’on appelle «les causes de la Révélation». Le Coran répond à des questions qui ne sont pas posées et omet souvent de donner des détails pourtant nécessaires. Par exemple, les versets 1-5 et 36-40 (sourate 33) interdisent l'adoption sans trop d'explications. Et ils indiquent le prénom du fils adoptif de Mahomet, mais pas le prénom de sa femme, que Mahomet a épousée après l'avoir fait répudier. «Pour ces ‹causes de la révélation›, des ouvrages classiques spécialisés exposent dans quelles circonstances ces versets auraient été révélés. Remarquez que les versets qui séparent ces deux passages sur l’interdiction d’adopter – du n° 6 au n° 35 –n'ont aucune relation avec le thème. C’est un exemple du désordre coranique.»

 

(1) L'essentiel de la chronologie de la révélation est connue des "savants" musulmans, mais dans le Coran, les chapitres (sourates) sont placés du plus grand au plus petit.

(2) Un verset est dit abrogé lorsqu’une révélation ultérieure, dite abrogeante, le modifie ou l’invalide. Ces deux types de versets figurent généralement dans le Coran sans mention particulière.

Sami Aldeeb est aussi responsable du blog «Savoir ou se faire avoir». Il reprend des articles concernant principalement l’islam. Les informations proviennent de nombreuses sources, en français, anglais, parfois allemand.

 

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