L’islamisme est un fascisme comme les autres (07/09/2017)

L’islamisme, qui a ouvert un front en Europe contre l’Europe, est un fascisme comme les autres, montre Zineb. La confusion des genres, l’ignorance, l’aveuglement sont le terreau sur quoi il prospère.

Par Jean-Guy Berberat

 

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Un petit livre est à recommander aux islamo-complaisants: l'ouvrage de Zineb, «Détruire le fascisme islamique» [1]. En 70 pages, dans un langage clair, cette parfaite connaisseuse de l'islam explicite la notion d'islamophobie («imposture intellectuelle»), démonte et démontre la «chimère» du «vrai islam», explique avec nombre références à l’histoire, au Coran et aux hadiths, que l'islamisme est un fascisme comme les autres, que l'islam n'est pas une communauté, mais une idéologie totalitaire.

Elle relève l'aberration des soutiens que l'islam obtient à gauche et surtout à l'extrême-gauche, de la part de celles et ceux qu’elle range parmi «les collaborationnistes». Elle met en évidence qu'islamisme et djihad ont pour source l'islam lui-même. Inversement,  l'islam tel qu'il est engendre islamisme et djihad. Elle-même, musulmane et féministe de gauche, réfute les excuses sociales et sociologiques. Un bol d'air frais hors de l’étouffoir de la bien-pensance.

Zineb El Rhazoui est une survivante de Charlie Hebdo. Elle est journaliste et sociologue des religions. Elle milite pour les droits humains et les libertés individuelles. Ses positions et ses engagements lui valent fatwas et menaces de mort. Elle doit être protégée. Les persécutions qu’elle subit sont en miroir ce qu’elle nous dit.

Le titre de son ouvrage nous éclaire déjà: le fascisme qu’elle évoque est «islamique» et non «islamiste». Ce serait un pléonasme, l’islamisme étant un fascisme en soi. Il se fonde sur les textes «sacrés» et surtout sur leur stricte et nécessaire application. «… ceux qui vivent sous le joug de l’Islam depuis toujours […] ont intériorisé au fil des générations cette peur diffuse du châtiment céleste et terrestre. Une religion de paix et d’amour? Même les Musulmans n’en croient pas un mot, car ils savent au fond d’eux qu’ils n’aiment pas Dieu, mais qu’ils le craignent. Islam signifie soumission, et cette soumission s’est largement faite par la terreur.»

A l’argument de ceux qui sous prétexte de tolérance et d’antiracisme défendent l’identité culturelle, donc les «droits d’une communauté ethnique», Zineb répond qu’il n’y a en réalité pas d’identité musulmane. Il ne peut être question dans ce cas d’«ethnie» ni de «racisme», ni d’«islamophobie». Si certains se sont mis à  «revendiquer des clichés identitaires, c’est que l’islamisme œuvre depuis fort longtemps à gommer les spécificités culturelles de ses fidèles pour leur substituer une pensée unique.»

Le cylindrage s’étend à tous les domaines. Les langues sont remplacées par l’arabe coranique, les costumes par l’«uniforme blanc pour les hommes et noir pour les femmes». C’est en ça que se manifeste le fascisme, qu’il ait été européen ou qu’il soit islamique: l’uniformisation, la négation de l’individu, l’assujettissement à une même cause portée par une même idéologie. Il en ressort qu’il n’y a pas discontinuité entre islam, islamisme et djihad. La finalité est la même. «…le fait que des milliers d’intermittents du djihad , issus de tous les pays, s’envolent d’un foyer de charia vers l’autre en fonction des changements géopolitiques, est la preuve qu’il ne leur suffit pas d’être libres de pratiquer leur foi, mais qu’ils nourrissent l’ambition de conquérir des territoires […] partout où ils le  pourront, dans l’enceinte même de la «forteresse chrétienne» qui leur était restée fermée jusqu’ici.»

«Le fascisme islamique, écrit Zineb, ressemble en tout aux fascismes d’extrême-droitezineb_livre2.png (mussolinien, hitlérien, franquiste) […] mais il a réussi là où ils ont tous échoué: se donner une respectabilité aux yeux de ses propres ennemis parmi l’extrême-gauche, les intellectuels, les antiracistes, les politiques et même les féministes.» Si le fascisme islamique s’impose dans les pays musulmans par le conditionnement séculaire des populations, l’ignorance et la pauvreté dans laquelle elles sont maintenues, la dictature et la corruption des pouvoirs, le processus d’islamisation est différent en Europe et, plus généralement, dans les États démocratiques.

Les vecteurs y sont multiples et bien connus.

Le clientélisme dont usent et abusent les politiques de tous bords ou presque.

L’extrême-gauche qui, «traditionnellement athée, […] est la meilleure caution du discours victimaire islamiste».

Bien des défenseurs des droits humains poussent aussi à cette roue-là. Ils «ont fait de l’antiracisme une bataille pour institutionnaliser les divisions» conduisant au communautarisme.

Des féministes luttent pour le port du voile pourtant «un instrument sexiste, et non une expression de spiritualité»

Le rôle des imams dits modérés est particulièrement pervers. D’une part, «il n’existe aucune qualification scientifique de la «modération» de ces imams.» D’autre part, ils «condamnent les terroristes, mais»  jamais ils ne réfutent les textes qui inspirent les djihadistes.

Les médias occidentaux mélangent tout, font preuve d’ignorance, d’irresponsabilité et le plus souvent d’une coupable complaisance.

Ceux qui pensent se servir de l'islamisme, par angélisme ou par tactique, incarnent vraiment ce que sont des «idiots utiles». Si «l’islamisme sert à tout, [il] se sert surtout lui-même pour faire avancer son projet de Oumma».

L’attitude de l’Occident à l’égard des fascistes islamiques, en prétendant défendre la «liberté» des oppresseurs, «participe à l’oppression de millions de musulmans qui rêve[nt] d’une vie normale». Parce qu’ils en subissent la persécution, «ce sont eux qui luttent au quotidien contre le fascisme islamique, [et qui] sont le vrai rempart contre cette idéologie qu’ils connaissent [mieux que quiconque]… [Ces résistants] sont la preuve vivante que l’islamophobie est une imposture.

La lecture de cet ouvrage assez bref et dense pour en rendre malaisé le résumé, m’a donné beaucoup d’espoir: c’est chez les musulmans eux-mêmes qu’a émergé de quoi «détruire le fascisme islamique»! L’Europe, explicitement visée par cette idéologie totalitaire, est pour l’instant trop amollie par ses doutes, par une culpabilité fantasmée, par le relativisme, par une compréhension déviante de ses propres valeurs. La moindre des choses serait pourtant de ne se pas faire aveuglément l’alliée de son principal ennemi contre ceux qui aspirent à vivre selon les mêmes droits et les mêmes libertés que nous.

N’excluons tout de même pas trop vite  l’Occident du jeu. Il a engendré des fascismes qu’il a vaincus. Et il a pour lui, face à l’obscurantisme islamique figé au VIIème siècle, la Raison, la science, la soif de progrès, la quête du futur, l’humanisme et la démocratie. Des atouts dont cet islam hors du temps ne dispose pas et que l’islamisme veut l’empêcher d’acquérir.

Jean-Guy Berberat

[1] Zineb, Détruire le Fascisme islamique, Ed. Ring, 2016

 

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