La terreur des coupeurs de tête fait le lit des coupeurs de langue (26/05/2018)

Alexandre Del Valle illustre ce paradoxe: le terrorisme a permis aux musulmans «modérés» d’obtenir pour eux et leur religion un statut privilégié.

«Que de subsides et de soin pour nous apprendre patiemment, mais fermement à marcher sur la tête! Et que de publics déjà convaincus que marcher sur la tête est la bonne manière de marcher!» *

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José Rodrigues Zapatero, qui fut premier ministre, a appelé publiquement l’Espagne à s’excuser auprès des musulmans pour la reconquête du pays et l’expulsion des Maures. Il a proposé de leur restituer des églises et des cathédrales qui avaient jadis été des mosquées. Le gouvernement Hollande-Valls a initié une campagne contre l’islamophobie, dont un clip montrait une femme voilée frappée par des Occidentaux. Dans le mouvement de jeunesse musulmane WAMY, accrédité auprès de l’ONU, les textes exaltent les conquêtes islamiques, expriment la haine des non musulmans et des apostats, appellent au djihad armé. Il n’est interdit nulle part en Occident. Dans l’Union européenne, un vaste mouvement de refonte des manuels scolaires et universitaires est en cours, avec pour but de rendre l’islam aimable. La maire de Barcelone Ada Colau avait refusé, question coût, d’installer des bornes escamotables afin de parer aux attaques au camion… Au même moment, plusieurs centaines de milliers d’euros étaient votés pour un plan de lutte contre l’islamophobie. Après les attentats, ce plan est intensifié.

Ce minuscule choix fait partie de la myriade d’exemples cités par Alexandre Del Valle. Mais «La stratégie de l’intimidation», un livre de 500 pages copieusement documenté, ne verse pas dans l’anecdote. Il illustre les conséquences paradoxales du terrorisme: l’islamisation de l’Occident.

On le sait, on le lit, on l’écrit même, par petits bouts dans des articles. Mais découvrir ainsi l’ampleur du désastre fait froid dans le dos.

Le terrorisme procure aux musulmans «modérés» les fruits d’une récolte prodigieuse. Après 30 ans de tueries islamiques, les textes «sacrés» qu’invoquent leurs auteurs ne sont pas examinés, encore moins remis en cause. Plus fort encore: la religion de Mahomet fait l’objet de la part des démocraties d’une propagande massive et d’un prosélytisme surréaliste.

L’intimation au padamalgame et la lutte délirante contre ceux qui s’avisent de mettre en cause cette religion sont liés à un  mot inventé pour la cause et qui connait une fortune immense, l’islamophobie.  La barbarie conduit, multiples intimidations à l’appui, à cet énoncé: l’islam est une belle religion, tolérante et pacifique… Ce que ses adeptes démentent en toutes occasions: caricatures danoises, Benoît XVI à Ratisbonne, film «L’innocence de musulmans», émeutes diverses émaillées de meurtres, obligation dans nos pays de protéger des apostats, ou un Redeker pour une tribune du Monde, etc. Critiquer rationnellement les textes islamiques qui légitiment le prosélytisme guerrier est désormais assimilé à une offense envers les musulmans, voire à un appel au choc des civilisations.

Plus les djihadistes font peur et plus les religieux et leurs ouailles «modérés» peuvent faire l’apologie de la charia, exhiber leurs symboles et exiger leur acceptation: voiles et foulards,  multiplication des centres et mosquées, activités non mixtes, nourriture et services «halal»,  pressions dans les hôpitaux, etc.

A aucun moment la moindre réciprocité n’est requise, jamais une demande d’explication des persécutions de minorités dans les pays musulmans, de la discrimination des femmes, de l’absence de liberté religieuse, de tout ce qui ressemble aux références des terroristes.

Les «coupeurs de langue» ont besoin de ces «coupeurs de tête», car la violence des seconds dissuade les potentiels blasphémateurs de combattre le suprématisme subversif des premiers. Tout doit être fait pour que la peur empêche les musulmans dissidents et leurs alliés de mettre en cause le discours dominant.

C’est une alliance objective entre terroristes, islamistes et associations communautaristes.

 

Au nom de la liberté religieuse qu’ils bafouent

Pour empêcher toute remise en question, les musulmans et notre intelligentsia ont souscrit avec une unanimité sidérante au mot islamophobie. Il est périlleux de rappeler la vision suprématiste de l’islam fondé sur le règne de la charia et du califat planétaire. Il est dangereux de faire observer que le monde musulman dans son ensemble retourne à l’orthodoxie et devient de plus en plus intolérant et violent.

L’Occident promeut l’islam et son expansion au nom de la liberté religieuse, pourtant bafouée par l’ensemble des pays qui la réclament chez nous. Ce sont les États islamiques les plus discriminatoires qui sont à la pointe de la lutte contre l’islamophobie.

Cette hostilité donne lieu à des Himalaya d’appels, congrès, colloques, campagnes, affiches avec l’aimable concours des intellectuels de souche et des partis de gauche. Comme l’observe Pascal Bruckner, ceux-ci font allégeance à la bigoterie, pourvu qu’elle soit portée par les adeptes du Coran. Une nébuleuse rouge-verte nourrit le ressentiment et entretient le déni. Elle participe au terreau de la violence et de la Crole_battrfemme.jpgradicalisation.

Aucun grand colloque n’est jamais consacré à la persécution des minorités dans les pays musulmans, à l’assassinat de chrétiens, d’apostats, d’homosexuels. Au contraire, les injonctions de la charia sont diffusées sur les sites islamiques d’Europe et dans les médias des pays musulmans.

Grâce à l’islamophobie, qui ne fait ni morts ni blessés, on alimente la paranoïa des adorateurs d’Allah. Les communautés musulmanes sont invitées à un «narcissisme communautaire».

Les lobbies islamiques ont fait adopter l’expression lutter contre tous les intégrismes qui permet de rendre toutes les religions coresponsables de la barbarie d’une seule.

 

Main dans la main avec les islamistes

Des lobbies islamiques mondiaux, par moult pressions et intimidations, font chaque jour plier un peu plus les sociétés occidentales grâce à des élites complaisantes. Organisation de la coopération islamique (OCI), Ligue islamique mondiale (Arabie saoudite), ISESCO, de même que d’innombrables ONG font avancer un objectif totalitaire commun: l’islamisation du monde. Elles contrôlent les communautés musulmanes d’Occident et en font des vecteurs de la propagation de l’islam. Elles s’ingèrent dans nos pays sous couvert de défense de l’islam et des musulmans «persécutés». 

L’ONU, le Conseil des droits de l’homme, l’UNESCO, l’Union européenne, l’OSCE, etc. coopèrent sans vergogne avec ces groupes à l’idéologie foncièrement obscurantiste, suprématiste et victimaire. Le Conseil de l’Europe par exemple a créé la Commission européenne sur le racisme et l’intolérance et l’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes. Ils  n’ont de cesse de traquer le politiquement incorrect. Leurs activités consistent «moins à lutter contre les préjugés ou le racisme qu’à faire l’apologie de la religion islamique».

L’OCI, lobby théocratique mondial, fait preuve d’une efficacité inouïe. Elle incite les musulmans à cultiver leur identité et combat leur intégration à la société d’accueil jugée décadente et hostile. Son grand moteur et sa grande victoire: la lutte contre l’islamophobie et les discriminations. Elle a réussi à faire bannir l’expression «terrorisme islamique» au profit de «djihadisme» et surtout d’«extrémisme violent».  

Parallèlement les membres de l’OCI soutiennent la «Déclaration islamique universelle des droits de l’homme» qui affirme: «…tous les droits et libertés énoncées dans la présente déclaration sont soumises aux dispositions de la charia».

 

«La violence des uns rend plus persuasives les requêtes des autres»

L’OCI déclenche ou participe à des explosions de violence. Elle instille aux Etats la peur  d’oser affirmer que l’islam contient une bonne dose de violence. Elle réussit parDel Valle_livre.jpg ses manipulations à subvertir les principes de diversité et de multiculturalisme au profit de son offensive théocratique et liberticide. Combien de milliers de déclarations condamnant «l’intolérance, les stéréotypes négatifs, la stigmatisation, la discrimination, l’incitation à la violence contre des personnes en raison de leur religion», etc.?  La stratégie d’intimidation connait victoire sur victoire. 

Sous la pression de ces lobbies, les démocraties se sont engagées dans une refonte des manuels scolaires afin de rendre l’islam plus attrayant. L’OCI pousse avec succès à réviser les enseignements d’histoire, de philosophie, des sciences humaines et sociales. Elle réussit à éviter toute présentation de la réalité prédatrice et conquérante de l’islam. Inversement, la plupart des organismes musulmans fustigent le passé occidental.

Un document de l’OSCE paru en 2012 exige moult démissions en faveur des communautés musulmanes d’Occident. Le port du voile fait la course en tête. « Les directions des écoles doivent veiller particulièrement à ce que les règles et les pratiques de l’établissement n’aient pas d’effet discriminatoire: habillement, accès à l’apprentissage de sa propre religion, menus à la cantine, dates des vacances.». Les sociétés d’accueil discriminent même si elles acceptent le voile, car ces étudiantes « ont plus de chances d’être placé dans un groupe de niveaux inférieurs, ou d’être invité à éviter les disciplines plus intellectuelles ».

L’Arabie Saoudite a inondé les associations et mosquées de livres haineux, rappelant les règles de la charia. Ils garnissent les bibliothèques de la plupart des mosquées. Deux exemples: «Le licite et l’illicite en islam» et de nombreux autres ouvrages du fanatique Youssef Al-Qarawi et de l’extrémiste Hani Ramadan.

L’Occident octroie une liberté sans limite à ces idées, ces ouvrages, ces imams. Il favorise les revendications les plus rétrogrades en les présentant comme des droits dont le refus équivaudrait à du racisme. Cet abandon des valeurs civilisationnelles a conduit à la création de centaines de zones islamisées dont les nations ont perdu la maîtrise.

La seule civilisation qui respecte et incarne un vrai pluralisme démocratique est censée s’adapter à l’islam, alors que les pays qui s’en inspirent  sont liberticides. L’islamisme radical et sa théologie guerrière ne sont pas remis en question depuis le Xe siècle.

Sur le terrain, les lobbiess mondiaux de l’islamisme infiltrent, manipulent et noyautent: Frères musulmans,  Conseil européen pour la fatwa et la recherche, wahhabisme, Tabligh, Diyanet, etc. qui contrôlent des centaines de mosquées en Europe et aux Etats-Unis.

Ces mouvements se rejoignent sur un «programme commun»: multiplication des lieux de culte, demande de jours fériés musulmans, droit de prier pendant les heures de travail, introduction de l’enseignement religieux islamique dans le cadre de l’enseignement publique et d’écoles privées, généralisation des aumôneries et lieux de prière islamique dans les lieux publics, davantage d’imams dans les prisons, dispenses à l’école pour les filles, droit au port du voile des fillettes, faveurs durant le ramadan, etc. Refuser ces exigences est assimilé à de l’intolérance, voire à la haine des musulmans.

Ils déguisent leurs revendications séparatistes en doléances progressistes et multiculturalistes… Ils ont répandu depuis des années l’idée que les sociétés européennes persécuteraient les communautés musulmanes immigrées en leur refusant ces accommodements.

 

La victimisation resserre les liens

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"Regarde, les isalmophobes racistes vont utiliser ça pour donner de nous une mauvaise image."

L’idée de se moquer de l’islam ou de «blasphémer» tente de moins en moins d’artistes, d’intellectuels, de journalistes, parce qu’ils ont peur. Partout, des manifestations artistiques  censurent toute critique de l’islam. Et lors de chaque attentat terroriste en Europe, la réponse réside dans des cérémonies pacifistes, des allumages de bougies, des psalmodies de profession de foi «anti islamophobe» et des appels à la tolérance. Les carnages commis en son nom sont encore une occasion de faire reluire l’image de l’islam.

La terreur des coupeurs de tête fait le lit des coupeurs de langue dont font partie une foultitude de religieux et leurs compagnons de route. Dénis, procès,  lynchages médiatiques: la police de la pensée habite les hautes sphères de la culture et de l’information.

Les lobbies islamiques officiels poussent les musulmans victimisés à se radicaliser. Ils diffusent un sentiment de persécution, via la thèse obsessionnelle des discriminations et de l’hostilité. Cette paranoïa communautaire est  «un venin hautement contagieux ». Il incite à resserrer les liens même auprès de musulmans a priori peu tentés par le radicalisme.

Les musulmans se sentent soudain plus profondément musulmans face à cette supposée hostilité anti islamique des Occidentaux.

Pourquoi ce rejet est-il relayé par une bonne partie des forces de gauche? Parce les «progressistes» sont animés d’une même détestation de la civilisation occidentale.

Al Andalus ou le sommet de l’imposture

La preuve de la beauté civilisationnelle de l’islam résiderait paradoxalement dans son passé. Elle est au cœur de la propagande islamique et prend une place croissante. On assiste à une immense falsification historique qui cimente le double mythe de la science arabe et de la tolérance d’Al-Andalus. Les sociétés européennes n’osent plus défendre l’identité judéo-chrétienne.

Del Valle consacre une analyse fouillée à ce mythe et à la prétendue dette des Occidentaux envers la science arabo-musulmane. Un mythe qui revient en fin de compte à dévaloriser la civilisation chrétienne et pousse au mépris de leur civilisation les générations qui nous suivent.

*J. Schwerzmann, internaute

Alexandre Del Valle: «La stratégie de l’intimidation. Du terrorisme jihadiste à l’islamiquement correct». Ed. L'Artilleur, 2018, 560 p.

 

A vos agendas! Le vendredi 28 septembre, Alexandre Del Valle sera à Genève pour une conférence à l’invitation de l’Association suisse vigilance islam.

 

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