Radicalisme de Frislam: politiques et médias détournent le regard (19/01/2019)

Ni les autorités, ni la presse n’ont jugé utile d’informer les Fribourgeois du double jeu des jeunes musulmans de Fribourg. Et pas non plus de leur demander des comptes.

 

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Le syndic Thierry Steiert

 

On se souvient que pour séduire les non-musulmans, Frislam, organisation de jeunes musulmans fribourgeois, organise depuis trois ans un «Fasting Day» (jour de jeûne), soit une soirée offerte aux non-musulmans du canton durant le Ramadan. Au menu: animations et repas gratuit. Avec ces buts séduisants: «se rencontrer, partager, s’aimer».

J’ai relaté le double discours de cette jeunesse qui se réfère dans ses cours de religion à l’un des pires Frères musulmans de France, Moncef Zenati, admirateur du fondateur de la confrérie Hassan Al Bannah et de l’extrémiste égyptien Youssef Al Qaradawi, éminence grise des Frères.

Dans leur site, les animateurs se félicitent: «Lors de chaque édition du Fasting Day, nous avons eu l’honneur de recevoir les représentants de la Ville ainsi que du Canton (Conseil d’Etat et Grand Conseil).» L’actuel syndic de la Ville de Fribourg, le socialiste Thierry Steiert, s’est rendu à cette soirée bénie en 2016 avec le président du Grand Conseil. Et l'année dernière, l’exécutif de la Ville a dépêché Andrea Bürgener Woeffray pour une allocution.

J’ai tenté de contacter Thierry Steiert. D’abord par téléphone, puis par courriel. Je lui ai posé en résumé ces questions: la Ville de Fribourg est citée par Frislam (dans son site) comme sponsor de ces "Fasting days"». Sous quelle forme apporte-t-elle son soutien? Comptez-vous supprimer l'autorisation de cette manifestation? Pensez-vous engager quelque action auprès de Frislam ou des services d'intégration?

Après m’avoir baladée durant huit jours (très occupé, disent les secrétaires) et voyant que je m’accroche, le syndic me fait envoyer ce courriel: «En réponse à votre mail ci-dessous et suite à vos différents appels, nous sommes au regret de vous informer que M. Steiert ne souhaite pas entrer en matière sur cette question.»

Découvrant qu’il existe pour le canton une «préposée à la transparence», Martine Stoffel, je m’adresse à elle à propos de ce refus d’informer. Manque de chance: Madame la transparente préposée ne s’occupe que du «droit d’accès aux documents officiels».

Côté politique, j’ai communiqué mon article aux cinq membres de l’Exécutif de la Ville et à une douzaine de conseillers généraux (législatif). Réaction: néant. Côté médias, je l’ai adressé au rédacteur en chef de La Liberté Serge Gumy et à deux de ses journalistes, de même qu’à un duo de Cath.ch, site qui s’intéresse à la problématique des religions. Aucune réponse, aucun écho.

Conclusion: les Fribourgeois qui étaient un millier ces dernières années à participer au "Fasting Day" peuvent continuer à se faire rouler dans la farine, les politiques et les médias n’ont pas la moindre envie qu’ils soient informés. Et pas non plus que les responsables de cette association s'expliquent.

L’islam du canton, bien proche des Frères musulmans

L’Union des associations des musulmans de Fribourg (UAMF) regroupe un ensemble de communautés où comme dans la plupart des cantons, l’empreinte des Frères musulmans est bien visible… pour qui veut voir. Ce qui n'est pas le cas de  l'influent Centre suisse islam et société qui siège dans ce même canton et prend le micro lors de ces manifestations.

Frislam fait partie de l'UAMF, comme la quasi totalité des organismes musulmans du canton. Elle est aussi un sponsor des «Fasting Days », de même que son adhérente principale, l'Association des musulmans de Fribourg. Cette dernière affirmait encore en 2016 dans ses statuts sa dépendance aux Frères musulmans: «La référence religieuse de l’AMF est le Conseil européen des fatwas et de la recherche», organisme créé par Youssef Al-Qaradawi. Depuis, elle a refait son site et supprimé cette encombrante référence. Mais elle invite régulièrement pour des conférences un autre adepte des Frères, Hani Ramadan.

L’un des imams de Fribourg, Yousif Elkoda est, lui, membre de l’Union mondiale des savants musulmans, organisme créé et présidé par le même Al-Qaradawi.

J’ai signalé dans le premier article que deux frères (de sang cette fois!) de Frislam, Yassin et Saâd Dif, ont gravi quelques échelons à l’armée. Ils le disent et en sont fiers. Saâd, organisateur des cours religieux de Frislam, est même  «Commandant de compagnie à l’armée» (capitaine).

Je me suis adressée au service communication de notre défense nationale pour savoir comment ce genre de situations est géré. Expérience faite à plusieurs reprises, et contrairement à Fribourg, les porte-paroles de la Confédération, quel que soit le service, répondent sans délai à toutes les questions.

Selon la porte-parole Delphine Allemand, qui appuie ses propos sur une abondance de liens: «…l'armée prend la problématique de l’extrémisme très au sérieux. Elle applique la stratégie de la tolérance zéro, c’est-à-dire qu’elle n’admet aucune mentalité extrémiste parmi ses cadres.
En règle générale, en présence d’indices d’activisme extrémiste chez un militaire incorporé, l’armée vérifie sa situation personnelle. En présence d’indices sérieux d’un potentiel de violence, elle lance un contrôle de sécurité relatif aux personnes. Selon une évaluation au cas par cas, l’armée peut prendre des mesures préventives comme le retrait de l’arme d’ordonnance ou la suspension des convocations. Si le contrôle de sécurité relatif aux personnes aboutit à une déclaration de risque, le militaire est exclu de l’armée.»

Les cours organisés par Saâd Dif sont-ils considérés comme un «indice d’activisme extrémiste»? La porte-parole ne peut évidemment pas répondre sur un cas individuel.

En 2017, Frislam a invité une femme d’affaires chrétienne à parler en public à l’occasion du «Fasting Day». «J’étais d’accord à une condition, raconte-t-elle. Que Frislam se distancie publiquement des versets violents contre les chrétiens que l’on trouve dans le Coran. Ils ont refusé, entre autres, parce qu’ils n’avaient «pas le savoir et la connaissance approfondie pour prendre une telle position».

Raison pour laquelle ils remédient à cette ignorance par des cours. Le résumé de l’un d’eux se termine par cette citation d'Ibn Qayyib (XIVe siècle):

«La législation selon la Sharia est juste dans sa totalité, miséricorde dans sa totalité, bénéfique dans sa totalité.»

 

 

 

10:43 | Tags : frislam, thierry steiert, armée | Lien permanent | Commentaires (18)